Photographe grossesse et nouveau-né : 10 erreurs de débutant

photographe-grossesse-nouveau-ne-photographe-creatif

Vous êtes photographe de grossesse et de nouveau-né ou vous désirez le devenir alors cet article est fait pour vous.

La photographie de maternité et du nouveau-né est un art subtil qui demande patience et rigueur. Et il est courant lorsque l’on débute de faire des erreurs qui peuvent vous coûter cher en terme d’argent, mais aussi de temps et parfois en sécurité pour votre modèle.

Cette liste d’erreurs est née de mon expérience en tant que photographe (j’ai débuté moi aussi et tout n’était pas parfait) mais également de questions que se posent les débutants dans la profession.

Je vous liste ici les 10 principales erreurs, il en existe d’autres certainement, mais celles-ci sont les plus courantes. Et vous verrez qu’il est facile de les corriger.

1 – Démarrer la photo de nouveau-né sans être formé.

Pour être photographe, il n’est pas nécessaire d’être diplômé.
Cependant, et encore plus dans le domaine de la photographie de nouveau-né, il est impératif de se former avant de commencer à pratiquer.
Apprendre à se servir d’un appareil n’est pas la seule compétence demandée dans ce domaine. En effet, il faut avoir l’œil, un certain sens artistique, comprendre la technique (lumière, poses, composition…), de la patience, une certaine confiance en soi et une bonne gestion du stress.
Pour être photographe de maternité et nouveau-né, il est impératif de se former auprès de professionnels reconnus et en présentiel. Regarder une photo et tenter de la reproduire peut être dangereux, vous ne voyez pas tout ce que le professionnel met en place pour garantir la sécurité du bébé sur son cliché. La manipulation du nourrisson et sa sécurité sont ce qui compte le plus en séance. Il ne suffit pas d’avoir des enfants ou les aimer de tout son cœur pour en faire son métier.
Vous allez tenir entre vos mains le plus beau des trésors pour un parent, son enfant. Et il est de votre devoir de leur offrir des clichés qui ne mettront pas en danger leur bébé.

2 – Acheter des accessoires sans avoir défini son style

Lorsque l’on commence la photographie de portrait de femme enceinte et de nouveau-né, on a tendance à vouloir acheter beaucoup d’accessoires.
On regarde les créatrices, les autres photographes et le désire de suivre les tendances augmente la tentation de tout avoir.
C’est vrai que c’est tentant, mais c’est une erreur, car non seulement vous allez y perdre beaucoup d’argent, mais aussi parce que dans quelque temps vous allez regretter la moitié de vos achats.
Pourquoi ?
Parce que vous avez effectué ces achats sans vraiment réfléchir à votre style ni la façon dont vous allez réaliser votre séance.

Trop de choix, tue le choix.

Vous vous perdrez dans tout ça et perdrez beaucoup de temps également au moment de choisir ce que vous souhaitez pour votre séance.
Posez-vous, listez les couleurs qui vous plaisent, le style photographique que vous affectionnez ( boho, fine art, minimaliste, ….), les textures et matières (naturelles, synthétiques…) et définissez votre style.
Privilégiez la qualité à la quantité, vos accessoires sont destinés aux femmes enceintes et aux bébés. Leur confort et leur sécurité sont des éléments importants à prendre en compte, pensez aux peaux fragiles.

Avoir moins d’accessoires, plus ciblés affinera votre style et développera votre créativité. Pensez à réinventer ce que vous avez, c’est ce qui rendra vos séances réellement uniques.

3 – Se reposer sur Photoshop pour pallier le manque de technique

Le post traitement est une part importante de notre métier, c’est la suite logique de la prise de vue. C’est le moment où notre photo prend définitivement vie, qu’on lui donne notre vision artistique.

Si cette étape reste importante dans le travail, elle ne doit pas être vue comme celle qui sauvera vos photos de toutes situations.

Comme pour les accessoires, les actions (presets) Photoshop ou Lightroom sont un autre poste de grosse dépense bien souvent inutile.
En effet, l’achat d’une action se réfléchit autant que l’achat d’un accessoire. Toutes les actions ne sont pas adaptées à vos photos et il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton et d’appliquer cette action sur vos photos pour espérer voir les erreurs disparaitre comme par magie.

Certaines erreurs comme une photo floue, une surexposition trop importante… sont difficilement rattrapables en post traitement et généralement, c’est au détriment de la qualité de votre photo.


La règle à adopter d’urgence : Réaliser des photos aussi propres que possible à la prise de vue.


Prenez le temps de réfléchir à votre photo, vérifiez les détails de l’environnement et vérifiez les réglages de votre appareil. Le post traitement sera alors le terrain de jeu pour laisser parler votre créativité.

4 – Photographier en mode automatique

Une autre erreur fréquente quand on commence la photo, c’est de rester sur le mode automatique de prise de vue. Quand on utilise le mode automatique, c’est laisser l’appareil décider de tous les paramètres de votre photo. La balance des blancs, l’exposition, la mise au point, etc.
Si vous restez sur ce mode, vous allez vite vous rendre compte qu’il ne permet aucune évolution technique ni créativité. Passez en mode manuel, apprenez à vous en servir et à comprendre les réglages de base qui font la photo. Pratiquez encore et encore, le numérique offre l’avantage de tester, rater et recommencer. Vos efforts seront récompensés et votre créativité va alors pouvoir se développer.

N’oubliez pas que vous avez investi dans un appareil de qualité, alors quittez le mode automatique pour le mode manuel. Devenez le créateur de vos clichés.

5 – Ne pas lire le manuel de son appareil photo

Une erreur fréquente quand on achète un nouvel appareil, c’est de laisser la notice dans la boite sans prendre la peine de la lire. Il est vrai que ce pavé peut facilement effrayer et bien souvent on imagine que de toucher à tous ces boutons, on finira par dérégler l’appareil.
Lire le mode d’emploi ne vous fera pas perdre de temps et toucher à tout ne le dérèglera pas, bien au contraire.
Une première lecture, vous familiarisera avec son fonctionnement et en approfondissant votre lecture, vous pourrez sortir du mode automatique.
Vote créativité va alors prendre une autre dimension, car comme dit dans le point précédent, vous allez être maitre de vos réglages et de la dimension donnée à vos photos.

6 – Shooter en JPG et non en raw

Quand on débute, on fait souvent l’erreur de shooter et d’enregistrer ses photos en jpg et non en raw.
Il est vrai qu’un jpg pèse moins lourd et offre l’avantage de pouvoir mettre plus de photos sur la carte mémoire. L’inconvénient de ce format reste que votre photo a subi un post traitement et une compression par l’appareil lui-même.
Si vous souhaitez retoucher une photo Jpg, vous allez perdre beaucoup de détails et détériorer votre image.

A l’inverse, le format raw est la version brute de votre photo, c’est-à-dire le négatif. Chaque élément et ajustement de votre photo est représenté par une couche empilée les une sur les autres sans compression.
Quand vous allez retoucher votre photo, vous allez intervenir sur chaque couche individuellement sans que cela détériore la photo ou ne réduise sa qualité.
Et le bonus, c’est que vous êtes le seul maitre de ces ajustements et modifications sur la photo.
Si le format raw vous fait encore peur, dites-vous que vous pouvez enregistrer vos photos en jpg et en raw. Cela prendra évidement plus de poids sur votre carte mémoire, mais vous serez rassurés.
Cela vous permettra aussi de pouvoir comparer ces deux formats et vous rendre compte de l’utilité de passer en mode raw.

7 – copier le style d’un autre

S’inspirer oui, copier non.

La frontière entre les deux est assez fine tant aujourd’hui nous avons accès à beaucoup de visuels sur internet.
Néanmoins, cette frontière existe et il est de votre devoir de veiller à ne pas la dépasser. On s’inspire tous de quelqu’un et c’est comme cela que l’on développe notre créativité.
Quand la photo d’un autre vous plait, arrêtez-vous et posez-vous la question de pourquoi ?
Qu’est-ce qui fait que cette photo vous plait tant ? Est ce la lumière, les couleurs, la retouche, le lieu, un vêtement … ?

Cherchez cet élément et inspirez-vous en pour le mettre à votre sauce. Ne refaites pas à l’identique une photo en y mettant tous les éléments. C’est en cherchant à introduire un ingrédient et de le faire à votre sauce que se développera votre créativité et votre style.

Et n’oubliez pas, lors d’une inspiration, par respect pour l’auteur de la photo, de le mentionner.

8 – Ne pas calibrer son écran

Vous venez de recevoir vos supports et les couleurs ne correspondent pas à celles sur l’écran de l’ordinateur ?
C’est très désagréable, c’est une perte d’argent et de temps puisque vous allez devoir recommander le support.

Pour ne plus avoir de surprise, il est impératif de vous procurer une sonde de calibration et de l’utiliser. Les sondes sont assez simples d’utilisation et il n’est pas nécessaire de calibrer votre écran à chaque séance.
Un calibrage régulier est cependant nécessaire pour que votre travail soit l’exacte réalité de vos couleurs.

Évidement, si votre écran est calibré et pas celui de votre client, celui-ci verra peut-être les images avec des couleurs tirant un peu trop sur le vert, le jaune, le rouge…
Pas de panique, expliquez lui que c’est normal étant donné que son écran n’est pas calibré. Et que l’important reste que ses tirages seront corrects et n’auront pas de défaut de colorimétrie.


La sonde de calibration est un accessoire que tout photographe devrait avoir dans son matériel.

9 – Tarifer trop bas

Le tarif, vaste sujet, tellement vaste qu’un article pourrait lui être dédié entièrement.

Si on regarde les tarifs pratiqués chez les photographes, on en voit de toutes sortes allant du simple au double voir triple.
Il semble difficile pour les photographes de fixer leur prix, surtout quand ils sont débutants.

On constate que les débutants ont tendances à pratiquer une tarification basse, voire extrêmement basse.
Plusieurs raisons à cela :
Quand on débute, nous n’avons pas beaucoup de compétences, un manque de confiance voir le syndrome de l’imposteur.
Alors effectivement, on ne tarife pas de la même façon quand on a déjà 5, 10 ans ou plus de pratique que lorsque l’on démarre son activité.

La tendance de vouloir mettre des prix bas, s’explique aussi par la peur de rater une vente.
Encore une fois oui, c’est vrai, mais vous ferez d’autres ventes avec un prix correct. Dites-vous que vous serez toujours trop cher pour quelqu’un. En fait vous n’êtes pas trop cher, vous n’êtes juste pas dans leur budget, c’est ce qui fait la différence.

En s’installant, beaucoup regardent les tarifs des autres et décident de mettre leurs tarifs en dessous. Encore une fois, cette manière de faire n’est pas la bonne.
Nous avons tous des besoins différents, nos charges ne sont pas les mêmes, notre expérience non plus, bref beaucoup trop de paramètres qui rentrent en compte et dont on n’a pas tenu compte.


La règle pour calculer son tarif, c’est de calculer sa rentabilité.

Une fois la rentabilité connue, vous saurez que vous ne devez pas tarifer en dessous, sans quoi vous perdez de l’argent. Et ce qui pour moi me semble essentiel, même si vous débutez, c’est de pratiquer des tarifs qui vous amèneront un salaire au moins égal au Smic.
Nous disposons en France d’un salaire minimum, pourquoi un photographe devrait travailler pour moins que cela ?
Respectez-vous en pratiquant un tarif juste et rentable.

10 – travailler sans contrat

Qui n’a jamais eu de soucis avec un client concernant sa prestation ?
Combien de fois ai-je lu ou entendu, « j’ai un client qui … » ou « comment faire pour résoudre tel problème  » ou encore  » que dois-je lui répondre », ….
La réponse à ces questions : qu’est-il marqué dans votre contrat ?
Car oui, Une erreur fréquente quand on débute et que l’on commence à vendre ses prestations, c’est l’absence de contrat de vente.
Rappelons qu’un contrat est obligatoire et qu’il existe pour protéger le consommateur, mais également le photographe.
Votre contrat va définir les termes de vente de votre prestation, tout sera cadré. Et si vous avez un souci avec un client, vous n’aurez qu’à reprendre le contrat et vérifier si vous êtes dans les clous ou pas.
Rédiger un contrat n’est pas chose facile, pour vous y aider vous pouvez vous inspirer de contrats vus en ligne, mais aussi de votre expérience personnelle. Le site de Joelle Verbrugge, peut également vous aider dans la rédaction d’un contrat. Vous pouvez, et c’est même recommandé, de vous rapprocher d’un avocat pour rédiger celui-ci. Petit rappel, il est obligatoire depuis 2016 de souscrire à un service de médiation.

Être photographe de maternité et de nouveau-né est certainement un des plus beaux métiers du monde. Pratiquons-le de la meilleure des façons dans le respect de nos clients, mais également de notre profession pour qu’elle perdure.
Que vous soyez débutants ou pas dans le métier, prenez le temps d’appliquer ces quelques conseils pour avancer sereinement et faire de votre entreprise, une entreprise qui soit rentable, et de vous, un véritable photographe créatif avec son univers bien à lui.

Dites-moi en commentaire, quelle est l’erreur que vous avez faite à vos débuts ou que vous faites encore.

Si vous avez aimé l'article, vous êtes libre de le partager ! ;-)

Comments (9)

  • Sabine R

    at 17h39

    Article très complet ! Oui j’imagine que la manipulation d’un bébé de quelques jours voir de quelques heures peut être délicate !
    Merci pour tous ces pièges à éviter !

    1. Virginie Carabin

      at 17h48

      Merci Sabine. Effectivement la manipulation d’un nouveau-né reste quelque chose de délicat et cela s’apprend.

  • Dieter

    at 20h30

    Merci Virginie, pour ces explications. J’ai retenu l’importance de calibrer l’écran des appareils pour ne pas rater les couleurs et d’enregistrer d’office toutes les prises faites aussi sinon exclusivement au format RAW. Tes explications concernant le prix à demander pour notre travail est également très précieuses parce que c’est là que beaucoup de débutants ont tendance à mal faire (moi y compris). L’incitation à établir toujours un contrat préalable est également précieuse et témoigne d’une longue expérience professionnelle qui manque aux débutants.
    Je sens qu’il me reste encore beaucoup à apprendre et j’attends ton prochain article.

    1. Virginie Carabin

      at 10h19

      Merci Dieter. Ravie que cet article puisse t’aider à avancer dans ta pratique. Nous faisons tous des erreurs à nos débuts et c’est l’expérience qui nous corrige. Seulement parfois, ça peut être long, très long. Cet article va vous faire gagner du temps dans votre pratique. Hâte de vous revoir sur le blog.

  • Sandy Delado

    at 8h34

    Je ne connaissais pas la sonde de calibrage pour adapter son écran au rendu après tirage. Merci pour ce partage, il est vrai qu’il est impératif de se former pour les séances nouveaux-nés, c’est du travail avec des bébés de 10 jours, mieux vaut avoir des bases en termes de sécurité.

    1. Virginie Carabin

      at 10h17

      La sonde de calibration est visiblement peu connue et pourtant tellement utile. Cela évite bien des soucis de colorimétrie. La formation devrait être obligatoire et cette branche de la photographie bien mieux réglementée car la sécurité et le confort d’un nouveau-né c’est primordial.

  • rmibonnet

    at 9h00

    C’est vraiment un sujet très particulier. Cependant, c’est toujours intéressant d’avoir ce type de contenu 😉

    1. Virginie Carabin

      at 10h14

      Merci à toi. oui en photographie, il y a des sujets délicats mais qui sont importants et doivent être connus.

  • Agathe

    at 20h29

    Merci pour cet article très éclairant et complet! Perso je ne lis jamais les notices, je jettes souvent la boite et après.. regret! Le RAW est pour sûr quelque chose qu’il faut bien regarder parce que faire toutes ces photos et s’apercevoir qu’on est en JPEG c’est pas top :/ En tout cas, trop hâte de lire tes prochains articles!

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Next Post

Photographes de portraits : Réalisez la robe idéale

[class^="wpforms-"]
[class^="wpforms-"]
[class^="wpforms-"]
[class^="wpforms-"]
[class^="wpforms-"]
[class^="wpforms-"]
[class^="wpforms-"]
[class^="wpforms-"]